4ième conférence de carême

QUATRIÈME CONFÉRENCE DE CARÊME

« UN HOMME LIBRE »

 

« Jésus dit : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. (…) Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. (Jean 5, 19-23.30)

 

Dans notre existence humaine, nous opposons volontiers la liberté et le fait de suivre un autre. Il semble qu’il y ait une alternative : ou bien je fais ce que je veux, et alors je suis libre, ou bien j’obéis passivement à une personne ou à une réalité extérieure. Si je suis libre, je suis forcément maître de moi-même.  Le monde actuel pousse, on ne peut plus à l’indépendance.  J’entends souvent dire : « moi, je ne dois rien à personne ».  Cela engendre aussi souvent un climat d’isolement et de repli sur soi.  Quand je n’ai pas de foreuse, je dois en demander une à mon voisin – qui est supérieur à moi, puisqu’il en possède une -  mais, paradoxalement, cela me permet de créer des liens de convivialité, d’amitié, de fraternité avec mon voisin qui entraîne une relation d’amitié.

À force de ne vouloir dépendre de personne pour rien, nous créons un monde où chacun risque – et c’est souvent plus qu’un risque – de devenir immensément seul !  Alors que c’est le contraire, va nous dire la Parole de Dieu

 

 

QUATRIÈME CONFÉRENCE DE CARÊME

« UN HOMME LIBRE »

 

« Jésus dit : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. (…) Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. (Jean 5, 19-23.30)

 

Dans notre existence humaine, nous opposons volontiers la liberté et le fait de suivre un autre. Il semble qu’il y ait une alternative : ou bien je fais ce que je veux, et alors je suis libre, ou bien j’obéis passivement à une personne ou à une réalité extérieure. Si je suis libre, je suis forcément maître de moi-même.  Le monde actuel pousse, on ne peut plus à l’indépendance.  J’entends souvent dire : « moi, je ne dois rien à personne ».  Cela engendre aussi souvent un climat d’isolement et de repli sur soi.  Quand je n’ai pas de foreuse, je dois en demander une à mon voisin – qui est supérieur à moi, puisqu’il en possède une -  mais, paradoxalement, cela me permet de créer des liens de convivialité, d’amitié, de fraternité avec mon voisin qui entraîne une relation d’amitié.

À force de ne vouloir dépendre de personne pour rien, nous créons un monde où chacun risque – et c’est souvent plus qu’un risque – de devenir immensément seul !  Alors que c’est le contraire, va nous dire la Parole de Dieu

 

En lisant l’Évangile, cependant, surtout celui de saint Jean, nous constatons qu’en Jésus, relation avec Dieu et liberté ne s’opposaient jamais mais se renforçaient l’une l’autre.

Dans le texte ci-dessus, Jésus dit à deux reprises qu’il ne peut rien faire de lui-même : il est donc dépendant et, dirait-on, il n’est pas libre.

En même temps, il dit qu’il exerce des prérogatives qui normalement appartiennent uniquement à Dieu : donner la vie et juger, et dans ce cas, il est l’égal de Dieu …  Assez étonnant !

 

Comment donc comprendre l’articulation des deux ?  La clef de l’énigme se trouve dans la manière dont Jésus s’appelle lui-même et cela va nous montrer qui il est vraiment, son identité essentielle.

 

Jésus nous dit qu’il est le Fils.  Évidemment, parce qu’il est né de quelqu’un d’autre.

Mais cela va plus loin pour Jean.  Jean veut nous dire que son être entier, son essence, qui il est vraiment, découle d’une Source, Source qu’il appelle dans  ce texte « le Père »  ou bien « Celui qui m’a envoyé ».

À tout moment, il reçoit tout de cette Source. Son être est un être-en-relation.  Je ne suis pas vraiment quelqu’un si je ne suis pas un être-en-relation avec un autre, ou un Autre.

Pour lui, chercher toujours la volonté de cet « Autre » et être pleinement lui-même, et donc libre, ne sont nullement en contradiction, parce que son être est fait d’écoute et de réponse.

 

Et Jésus introduit ceux qui le suivent dans sa propre relation avec Dieu.

Nous devenons des fils dans le Fils.  C’est ce que dira Paul dans cette merveilleuse lettre aux Romains.

 

" En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. 

Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! 

C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 

Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire."  (Romains 8, 14-17).

 

Le chrétien étant un imitateur du Christ, son « travail » est donc de nous approprier la liberté de Jésus.

Jésus aurait très bien pu s’auréoler de son état de Fils de Dieu ; il aurait pu être fait Roi, devenir un messie, tel que les Hébreux l’imaginaient.  Il aurait pu vivre en état de supériorité, sans avoir besoin des autres, en poursuivant le désir profond de supériorité qui est en chacun de nous.  Jésus a toujours refusé cette manière d’être au-dessus du commun des mortels et de vivre sa vie tout seul. Il a voulu choisir des Apôtres, nous dit saint Marc « pour être avec lui et les envoyer prêcher. »

 

Jésus nous invite donc à découvrir notre vraie liberté ailleurs :

Dans l’accueil des dons par lesquels Dieu veut nous combler.  Je vous l’ai déjà dit la semaine dernière : nous n’avons qu’une chose à faire : accueillir ce que Dieu veut pour nous et pour notre bonheur.  Je suis de plus en plus libre dans la mesure où j’accepte que ce que je suis, je le suis par un cadeau de Dieu.

Dans la tentative de mettre en pratique sa volonté d’amour.  Rappelez-vous l’histoire des talents.  Qui est le plus libre ?  Celui qui a enterré son talent (« j’ai eu peur » dit-il) ou bien ceux qui l’ont fait fructifier ? 

 

-      Concrètement, comment Jésus a-t-il allié liberté personnelle et écoute du Père ?

 

-      Quand est-ce que je me sens libre ?

Ai-je fait l’expérience de trouver une liberté dans l’accomplissement de la volonté de Dieu ?