Erreur
  • Échec du chargement des données du flux

annonces du WE du 16 et 17 juin 2018

                            

 

 

 

Samedi 16 et Dimanche 17 juin 2018

 

« Le Règne de Dieu
est comme une graine de moutarde. »

 

 

Lignes de vie

Nous prions pour nos défuntes et leur famille :

  • Claire VERCHEVAL, veuve d’Henri BOUHY, décédée à l’âge de 89 ans.
    Ses funérailles ont été célébrées à Embourg.
  • Geneviève GILLE, épouse d’André CASTAGNE, décédée à l’âge de 86 ans.
    Ses funérailles seront célébrées mardi 19 à 13h30 à Ninane.

Ce week-end sont célébrés à Beaufays, les baptêmes de Victoire COULÉE, Florine DOZO et Mia IGLESIAS-ANTON. Nous partageons la joie de leurs familles.

 

Nous nous réjouissons pour les couples qui vont se conférer le sacrement de mariage :

  • Charlotte JODOGNE et Stéphane ALESSANDRO, le 23 juin à 14h30 à Beaufays.
  • Claire MARECHAL et Michaël MARECHAL, le 23 juin à 15h à Ninane.

 

 

Horaire des Eucharisties

 

Les problèmes de santé de Michel Minon nous invitent à des changements d’horaire.

Voici donc l’horaire des eucharisties jusque fin juin.

Merci de bien les conserver …

 

Mardi : 09.00 Embourg   Mercredi : 09.00 Prayon   Jeudi : 09.00 Ninane   Vendredi : 09.00 Fraipont

 

 

Samedi 23 juin : 18.00 : Nessonvaux

Dimanche 24 juin (messe unique pour notre Unité pastorale) :
11.15 : Embourg (messe en plein air au Fort - en face du char -)

 

Comme disait ma grand-mère :

« Li çi qui fè c’qu’i poût  fè c’qu’i deût »

 

 

Messe au Fort d’Embourg

 

Rendez-vous à tous, le dimanche 24 juin, à 11.15, au Fort. Toute l’Unité Pastorale est invitée.

Ce sera d’ailleurs la seule messe du dimanche dans notre Unité Pastorale.

Il y a cent ans se terminait la Première Guerre mondiale… Voilà une bonne occasion de se retrouver en un lieu symbolique, le Fort d’Embourg, pour unir nos prières « pour la paix » lors d’une eucharistie festive. La messe sera suivie d’un apéritif. Et si vous avez le temps de vous attarder, vous pourrez déguster de délicieux « pains-saucisses » (à réserver…). Des visites guidées du Fort d’Embourg vous seront également proposées par des passionnés.

Les habitants du quartier du Fort d’Embourg se sont mobilisés pour préparer l’eucharistie et pour organiser cette journée. Bienvenue à tous, chrétiens ou non, pour la messe et/ou après la messe.

Chacun est invité à apporter une fleur. Cela permettra de réaliser de magnifiques bouquets multicolores. Ils symboliseront « l’unité possible dans la diversité ».

Et si vous avez, chez vous, des drapeaux de pays différents du nôtre, apportez-les… 

Renseignements pratiques : Réservation pour les pains-saucisses (3 € le pain saucisse, 5 € pour deux) et demande de covoiturage : par téléphone au secrétariat paroissial d’Embourg (04 365 02 38).

Parking : quelques places seront réservées pour les personnes handicapées à l’entrée du Fort.

Adresse : rue du Fort, 7 à 4053 Embourg

 

 

Au revoir à Urbain

 

Attention : une erreur s’est « glissée » dans le « Regards Croisés » : l’au-revoir à Urbain n’aura pas lieu le 26 août, mais le 19 août. Une messe d’action de grâce sera célébrée en remerciement à notre vicaire.

Cette messe unique pour toute l’Unité Pastorale sera suivie d’un apéritif dinatoire.

 

Cette semaine …

  • Mardi 19 à 19h30, au Carmel de Mehagne : soirée  Net for God : « Le Bien ne fait pas de bruit » disait St François de Sales. Qui sait que depuis plus de 25 ans, l’association « Le triomphe du cœur » a envoyé 2400 camions d’aide humanitaire dans les pays de l’ex-Union Soviétique et soutient quotidiennement des enfants, des personnes âgées et pauvres dans ces pays ? Tout a commencé par un oui, celui du Père Rolf, prêtre catholique Suisse, à l’appel du Christ à partir en mission en Europe de l’Est. Avec ses nombreux collaborateurs, il fait l’expérience d’être accompagné sans cesse par la Providence pour soulager la misère. Cet engagement produit aussi des fruits d’unité et de réconciliation, notamment avec l’Église Orthodoxe, en œuvrant aussi pour la paix dans des pays qui connaissent des conflits armés.

Carmel de Mehagne, Communauté du Chemin Neuf

Chemin du Carmel, 27 à 4053 Embourg   Tél 04/365.10.81   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  • Vendredi 22 à 20h, chez Pierre : première réunion de la nouvelle Équipe Catéchétique.

Opération "Églises Ouvertes"

 

À nouveau cette année, l'église Sainte-Catherine de Forêt-Village participe à l'opération européenne "Églises Ouvertes".  Cette année, ce sont les VISAGES qui sont mis à l'honneur : visages sculptés dans le bois, assemblés en vitrail, gravés dans la pierre, peints sur des toiles et, à la détrempe, sur les murs. Au travers de ces visages, c'est toute une histoire qui nous est racontée : celle d'une église très ancienne, dominant fièrement les vallées de la Magne et de la Vesdre, porte du Pays de Herve. Mais aussi celle d'une Église vivante ici et maintenant !

Si vous voulez en savoir plus sur ces visages qui peuplent notre église, soyez les bienvenus :

- tous les dimanches de juillet et d'août, de 14.00 à 18.00. 

 

Excursion paroissiale 2018 "À la découverte de Cologne"

 

L'équipe-Relais de Trooz vous propose de passer la journée du samedi 28 juillet prochain à Cologne, selon un programme qui s'articule comme suit :

- Départ en car à 07.00 à Nessonvaux, (parking Intermarché), à 07.05 à Fraipont, à 07.15 à Prayon,  (station Q8), à 07.30 à Chênée (Colruyt).

- Arrivée à Cologne vers 09.30 et dès 10.00,  visite guidée de la vieille ville puis de la cathédrale (le Dom). Le tout, durant 2 heures 30.

- Ensuite, temps libre jusqu'à 17.00, heure du retour. Des suggestions de visites vous seront données dans le car. Le prix s'élève à 36 €.

Procédure d'inscription à suivre obligatoirement et dans l'ordre :

1) Sonner au secrétariat paroissial, 04/365.02.38, uniquement entre 09.00 et 12.00, au plus tard le 20 juillet, et signaler sa participation;

2) Effectuer le paiement du prix au compte BE94 3400 2681 8114 ouvert au nom de Claudine JAPSENNE. Seules  ces deux formalités,  dans l’ordre, rendent l'inscription effective.  Le car réservé peut accueillir 49 personnes : ne tardez donc pas à vous manifester si vous voulez profiter d'une journée baignée d'amitié, de culture et de détente.    L'équipe-Relais de Trooz

 

 

 

 


Samedi 9 et Dimanche 10 juin 2018 

« Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, 

 celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » 

 

Lignes de vie 

Nous prions pour notre défunte et sa famille : 

  • Léontine PETERS, veuve d’Henri RULMONT, décédée à l’âge de 93 ans.
    Ses funérailles ont été célébrées à Embourg 

Ce week-end sont célébrés les baptêmes de : 

  • Antoine GODARD à Embourg,
  • Clémentine MEDART, Charlie GASPARD et Rose DELVENNE à Prayon. 

Nous nous réjouissons pour les couples qui se conférer le sacrement de mariage : 

  • Nikki STARCKX et Axel DEJOND, le 9 juin à Embourg,
  • Arielle BECCO et Dimitri PIERRE, le 9 juin à Beaufays,
  • Christel DAVIN et Jean-Luc ARNOLS, le vendredi 15 juin à 12h à Vaux,
  • Valérie GIANGRECO et Xavier CREUVEN, le samedi 16 juin à 11h30 à Ninane.   

 

Horaire des Eucharisties 

Mardi : 09.00 Embourg    Mercredi : 09.00 Prayon    Jeudi : 09.00 Ninane    Vendredi : 09.00 Fraipont

 

Samedi 16 juin : 18.00 : Fraipont - Mehagne

 

Dimanche 17 juin:10.00 : Beaufays / 11.15 : Prayon - Embourg - Vaux

  

Samedi 23 juin : 18.00 : Nessonvaux

 

Dimanche 24 juin : 11.15 : Embourg (messe en plein air au Fort - en face du char -)

 

 


 

L’exhortation « Gaudete et exsultate » du pape François :

cinq clés d’interprétation par Mgr Delville (2ème, 3ème et 4ème parties)

 

Publiée le 19 mars 2018, en la fête de saint Joseph, l’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » du pape François est centrée « sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel ». Le but général de ce document est d’inviter chaque chrétien à un cheminement personnel sur la voie de la sainteté ; c’est donc une invitation adressée à tous. Pour préciser le cheminement de la pensée du pape, notre évêque Mgr Jean-Pierre DELVILLE propose de voir dans chacun des 5 chapitres une question sous-jacente concernant la sainteté, et il les formule de la façon suivante : la sainteté, pour qui ? (ch. 1), pourquoi ? (ch. 2), c’est quoi ? (ch. 3), comment ? (ch. 4), et quand ? (ch. 5).

 

2. Le chapitre 2 répond à la question « Pourquoi la sainteté ? », en épinglant « deux ennemis subtils de la sainteté » (35). À travers ces deux côtés négatifs, le pape fait apparaître deux raisons positives de la sainteté : on doit être saint pour faire de sa vie un chemin de découverte et pour vivre sa vie dans l’action de grâces et le « merci ». Si on fait l’inverse, on vise une connaissance absolue des choses et on veut tirer son plan tout seul : ce sont les deux ennemis dont parle le pape et qu’il rattache à d’anciennes hérésies : le gnosticisme et le pélagianisme. Le gnosticisme, c’est « un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et classifie les autres » ; et dans le pélagianisme, « au lieu de faciliter l’accès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrôle » (35). Le gnosticisme est l’aliénation de l’intelligence et le pélagianisme est l’aliénation de la volonté. Le gnosticisme, c’est « lorsque quelqu’un a réponse à toutes les questions ; cela montre qu’il n’est pas sur un chemin sain » (41). Par contre, « si nous nous laissons guider par l’Esprit plus que par nos raisonnements, nous pouvons et nous devons chercher le Seigneur dans toute vie humaine » (42). La sainteté, c’est donc la vie de quelqu’un portée par son histoire personnelle.

 

Le pélagianisme, de son côté, laisse la volonté tout régler dans la vie, sans accepter la présence de l’autre ni la grâce de Dieu. C’est, par exemple, « la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Église, la vaine gloire liée à la gestion d’affaires pratiques, l’enthousiasme pour les dynamiques d’autonomie et de réalisation autoréférentielle » (57). Au contraire, « il nous faut accepter joyeusement que notre être soit un don, et accepter même notre liberté comme une grâce » (55).

 

3. Le chapitre 3 sur la sainteté répond à la question : « c’est quoi ? » Et il donne une réponse lumineuse : c’est vivre les béatitudes, c’est-à-dire vivre la solidarité avec les pauvres. Le pape souligne que le mot « heureux » (« beatus », en latin), qui ouvre chaque béatitude proclamée par Jésus (Mt 5, 3-12), est devenu le mot qui signifie un « saint », « parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur » (64). « Jésus déclare heureux les pauvres en esprit, ceux qui ont le cœur pauvre, où le Seigneur peut entrer avec sa nouveauté constante » (68). Le pape résume ainsi les béatitudes successives : « Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté ! » (74). « Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté ! » (76). « Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté ! » (79). « Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté ! » (89). « Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! » (94). La béatitude « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » est expliquée ainsi : « Donner et pardonner, c’est essayer de reproduire dans nos vies un petit reflet de la perfection de Dieu, qui donne et pardonne en surabondance » (81). C’est ainsi que l’accueil des immigrés est un devoir impérieux sur la voie de la sainteté : « il ne s’agit pas d’une invention d’un Pape ou d’un délire passager ! » (103).

 

4. Le chapitre 4, intitulé « Quelques caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel », présente le « comment ? » de la sainteté (110). Il nous dit le style de la sainteté. Première caractéristique, l’endurance : « c’est d’être centré, solidement axé, sur Dieu qui aime et qui soutient » (112), y compris à travers les humiliations qu’on peut subir. Ensuite, le pape relève la joie et l’humour (122). Je ne pense pas que des papes aient souvent parlé d’humour dans leurs documents officiels ! Mais le pape François insiste : « Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l’humour, si remarquable, par exemple, chez saint Thomas More, chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri » (126) ; il ajoute : « la mauvaise humeur n’est pas un signe de sainteté ! ». Troisième caractéristique, l’audace et la ferveur : ce que saint Paul appelle la parrésia (129). « La parrésia est un sceau de l’Esprit, une marque de l’authenticité de l’annonce » (132). C’est pourquoi « Dieu est toujours une nouveauté, qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières » (135). Et le pape ajoute avec humour : « Il faut, certes, ouvrir la porte du cœur à Jésus-Christ, car il frappe et appelle (cf. Ap 3, 20). Mais parfois, je me demande si, à cause de l’air irrespirable de notre auto-référentialité, Jésus n’était pas déjà en nous, frappant pour que nous le laissions sortir ! » (136). Ensuite, quatrième caractéristique du style de la sainteté, c’est l’engagement « en communauté » (140) : « La sanctification est un cheminement communautaire, à faire deux à deux. C’est ainsi que le reflètent certaines communautés saintes. En diverses occasions, l’Église a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Évangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres » (141). Je me permets d’introduire ici l’exemple de saint Théodore de Celles et de ses compagnons, fondateurs de l’Ordre des Croisiers, à Huy, au 13e siècle. Enfin, dernière caractéristique du style de la sainteté, c’est qu’elle est « en prière constante » (147). Comme disait saint Jean de la Croix : « Efforcez-vous de vivre dans une oraison continuelle, sans l’abandonner au milieu des exercices corporels » (148). Saint Jean-Paul II insistait aussi sur l’importance de la prière : « C’est la contemplation du visage de Jésus mort et ressuscité qui recompose notre humanité, même celle qui est fragmentée par les vicissitudes de la vie, ou celle qui est marquée par le péché. Nous ne devons pas apprivoiser la puissance du visage du Christ » (151). Le pape François ajoute que la prière reconstitue notre histoire personnelle : « L’histoire ne disparaît pas non plus. La prière, précisément parce qu’elle s’alimente du don de Dieu qui se répand dans notre vie, devrait toujours faire mémoire » (153). La prière s’alimente à la Parole de Dieu : « celle-ci appartient au cœur et à l’identité même de la vie chrétienne » (156). Et elle « nous conduit à l’Eucharistie, où cette même Parole atteint son efficacité maximale, car elle est présence réelle de celui qui est la Parole vivante » (157).

 

+ Mgr Jean-Pierre DELVILLE, évêque de Liège.

 

L’exhortation « Gaudete et exsultate » du pape François :

Cinq clés d’interprétation par Mgr Delville

 

Publiée le 19 mars 2018, en la fête de saint Joseph, l’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » du pape François est centrée « sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel ». Le but général de ce document est d’inviter chaque chrétien à un cheminement personnel sur la voie de la sainteté ; c’est donc une invitation adressée à tous. Pour préciser le cheminement de la pensée du pape, notre évêque Mgr Jean-Pierre DELVILLE propose de voir dans chacun des 5 chapitres une question sous-jacente concernant la sainteté, et il les formule de la façon suivante : la sainteté, pour qui ? (ch. 1), pourquoi ? (ch. 2), c’est quoi ? (ch. 3), comment ? (ch. 4), et quand ? (ch. 5).

 

Parcourons ce questionnement et voyons les réponses que propose le pape. Je choisis pour cela les phrases qui me paraissent les plus emblématiques.

 

1. Le chapitre 1, intitulé « L’appel à la sainteté » répond à la question « pour qui ? » et le pape formule sa thèse : « ce que je voudrais rappeler par la présente Exhortation, c’est surtout l’appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous » (10). « Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même »  (11). Le pape met cela en lumière en présentant différents exemples de saints, des hommes et des femmes (12), des gens de différentes époques, depuis les martyrs de l’Église primitive jusqu’aux martyrs d’aujourd’hui, et spécialement ceux de toutes les confessions chrétiennes (9). C’est une sainteté qui se vit aussi en peuple et en communauté (6,7). Dans ce chapitre, le pape s’adresse au lecteur en « tu » : c’est exceptionnel dans un document pontifical. C’est une manière de personnaliser le discours ; il est « pour toi aussi » (14). Le pape rappelle à chacun son itinéraire de foi, depuis son baptême et le don de l’esprit Saint (15). Il épingle les gestes concrets de la sainteté ; par exemple, face à la tentation de parler mal de l’autre, savoir se dire : « Non, je ne dirai du mal de personne » (16). La sainteté, c’est un chemin de conversion. Comme l’écrivait le cardinal Van Thuân lorsqu’il était en prison : « Je saisis les occasions qui se présentent chaque jour, pour accomplir les actes ordinaires de façon extraordinaire » (17). Le pape ajoute : « Toi aussi, tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission »  (23). Pour cela, il faut être en présence du Seigneur, car la sainteté « consiste à s’associer à la mort et à la résurrection du Seigneur d’une manière unique et personnelle, à mourir et à ressusciter constamment avec lui » (20). Il peut y avoir des spiritualités des différents états de vie, « par exemple, d’une spiritualité du catéchiste, d’une spiritualité du clergé diocésain, d’une spiritualité du travail, une spiritualité de la mission, une spiritualité écologique » (28). Le pape conclut ce chapitre en disant : « N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu » (34).

 

+ Mgr Jean-Pierre DELVILLE, évêque de Liège.

  

  

 

L’exhortation « Gaudete et exsultate » du pape François :

Cinq clés d’interprétation par Mgr Delville (5ème partie)

Dans le chapitre 5, intitulé « Combat, vigilance et discernement », le pape pose la question du « quand ? » de la sainteté. Il répond : dès aujourd’hui, car « la vie chrétienne est un combat permanent » (158). « C’est aussi une lutte permanente contre le diable qui est le prince du mal » (159). En effet, « la conviction que ce pouvoir malin est parmi nous est ce qui nous permet de comprendre pourquoi le mal a parfois tant de force destructrice ». Il faut donc du discernement : « C’est aussi un don qu’il faut demander. Si nous le demandons avec confiance au Saint Esprit, et que nous nous efforçons en même temps de le développer par la prière, la réflexion, la lecture et le bon conseil, nous pourrons sûrement grandir dans cette capacité spirituelle » (166). Il s’agit bien d’un vécu actuel : « Le discernement des esprits nous libère de la rigidité qui n’est pas de mise, devant l’éternel aujourd’hui du Ressuscité » (173). « Cela nous fait voir que le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous-mêmes vers le mystère de Dieu qui nous aide à vivre la mission à laquelle il nous a appelés pour le bien de nos frères » (175). Le pape conclut par un appel à la Vierge Marie : « Elle n’accepte pas que nous restions à terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions trop d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore : Je vous salue Marie… » (176).

+ Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège.

 

 


 

L’exhortation « Gaudete et exsultate » du pape François :

cinq clés d’interprétation par Mgr Delville (2ème, 3ème et 4ème parties)

 

Publiée le 19 mars 2018, en la fête de saint Joseph, l’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » du pape François est centrée « sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel ». Le but général de ce document est d’inviter chaque chrétien à un cheminement personnel sur la voie de la sainteté ; c’est donc une invitation adressée à tous. Pour préciser le cheminement de la pensée du pape, notre évêque Mgr Jean-Pierre DELVILLE propose de voir dans chacun des 5 chapitres une question sous-jacente concernant la sainteté, et il les formule de la façon suivante : la sainteté, pour qui ? (ch. 1), pourquoi ? (ch. 2), c’est quoi ? (ch. 3), comment ? (ch. 4), et quand ? (ch. 5).

 

2. Le chapitre 2 répond à la question « Pourquoi la sainteté ? », en épinglant « deux ennemis subtils de la sainteté » (35). À travers ces deux côtés négatifs, le pape fait apparaître deux raisons positives de la sainteté : on doit être saint pour faire de sa vie un chemin de découverte et pour vivre sa vie dans l’action de grâces et le « merci ». Si on fait l’inverse, on vise une connaissance absolue des choses et on veut tirer son plan tout seul : ce sont les deux ennemis dont parle le pape et qu’il rattache à d’anciennes hérésies : le gnosticisme et le pélagianisme. Le gnosticisme, c’est « un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et classifie les autres » ; et dans le pélagianisme, « au lieu de faciliter l’accès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrôle » (35). Le gnosticisme est l’aliénation de l’intelligence et le pélagianisme est l’aliénation de la volonté. Le gnosticisme, c’est « lorsque quelqu’un a réponse à toutes les questions ; cela montre qu’il n’est pas sur un chemin sain » (41). Par contre, « si nous nous laissons guider par l’Esprit plus que par nos raisonnements, nous pouvons et nous devons chercher le Seigneur dans toute vie humaine » (42). La sainteté, c’est donc la vie de quelqu’un portée par son histoire personnelle.

 

Le pélagianisme, de son côté, laisse la volonté tout régler dans la vie, sans accepter la présence de l’autre ni la grâce de Dieu. C’est, par exemple, « la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, l’ostentation dans le soin de la liturgie, de la doctrine et du prestige de l’Église, la vaine gloire liée à la gestion d’affaires pratiques, l’enthousiasme pour les dynamiques d’autonomie et de réalisation autoréférentielle » (57). Au contraire, « il nous faut accepter joyeusement que notre être soit un don, et accepter même notre liberté comme une grâce » (55).

 

3. Le chapitre 3 sur la sainteté répond à la question : « c’est quoi ? » Et il donne une réponse lumineuse : c’est vivre les béatitudes, c’est-à-dire vivre la solidarité avec les pauvres. Le pape souligne que le mot « heureux » (« beatus », en latin), qui ouvre chaque béatitude proclamée par Jésus (Mt 5, 3-12), est devenu le mot qui signifie un « saint », « parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur » (64). « Jésus déclare heureux les pauvres en esprit, ceux qui ont le cœur pauvre, où le Seigneur peut entrer avec sa nouveauté constante » (68). Le pape résume ainsi les béatitudes successives : « Réagir avec une humble douceur, c’est cela la sainteté ! » (74). « Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté ! » (76). « Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté ! » (79). « Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté ! » (89). « Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! » (94). La béatitude « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » est expliquée ainsi : « Donner et pardonner, c’est essayer de reproduire dans nos vies un petit reflet de la perfection de Dieu, qui donne et pardonne en surabondance » (81). C’est ainsi que l’accueil des immigrés est un devoir impérieux sur la voie de la sainteté : « il ne s’agit pas d’une invention d’un Pape ou d’un délire passager ! » (103).

 

4. Le chapitre 4, intitulé « Quelques caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel », présente le « comment ? » de la sainteté (110). Il nous dit le style de la sainteté. Première caractéristique, l’endurance : « c’est d’être centré, solidement axé, sur Dieu qui aime et qui soutient » (112), y compris à travers les humiliations qu’on peut subir. Ensuite, le pape relève la joie et l’humour (122). Je ne pense pas que des papes aient souvent parlé d’humour dans leurs documents officiels ! Mais le pape François insiste : « Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l’humour, si remarquable, par exemple, chez saint Thomas More, chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri » (126) ; il ajoute : « la mauvaise humeur n’est pas un signe de sainteté ! ». Troisième caractéristique, l’audace et la ferveur : ce que saint Paul appelle la parrésia (129). « La parrésia est un sceau de l’Esprit, une marque de l’authenticité de l’annonce » (132). C’est pourquoi « Dieu est toujours une nouveauté, qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières » (135). Et le pape ajoute avec humour : « Il faut, certes, ouvrir la porte du cœur à Jésus-Christ, car il frappe et appelle (cf. Ap 3, 20). Mais parfois, je me demande si, à cause de l’air irrespirable de notre auto-référentialité, Jésus n’était pas déjà en nous, frappant pour que nous le laissions sortir ! » (136). Ensuite, quatrième caractéristique du style de la sainteté, c’est l’engagement « en communauté » (140) : « La sanctification est un cheminement communautaire, à faire deux à deux. C’est ainsi que le reflètent certaines communautés saintes. En diverses occasions, l’Église a canonisé des communautés entières qui ont vécu héroïquement l’Évangile ou qui ont offert à Dieu la vie de tous leurs membres » (141). Je me permets d’introduire ici l’exemple de saint Théodore de Celles et de ses compagnons, fondateurs de l’Ordre des Croisiers, à Huy, au 13e siècle. Enfin, dernière caractéristique du style de la sainteté, c’est qu’elle est « en prière constante » (147). Comme disait saint Jean de la Croix : « Efforcez-vous de vivre dans une oraison continuelle, sans l’abandonner au milieu des exercices corporels » (148). Saint Jean-Paul II insistait aussi sur l’importance de la prière : « C’est la contemplation du visage de Jésus mort et ressuscité qui recompose notre humanité, même celle qui est fragmentée par les vicissitudes de la vie, ou celle qui est marquée par le péché. Nous ne devons pas apprivoiser la puissance du visage du Christ » (151). Le pape François ajoute que la prière reconstitue notre histoire personnelle : « L’histoire ne disparaît pas non plus. La prière, précisément parce qu’elle s’alimente du don de Dieu qui se répand dans notre vie, devrait toujours faire mémoire » (153). La prière s’alimente à la Parole de Dieu : « celle-ci appartient au cœur et à l’identité même de la vie chrétienne » (156). Et elle « nous conduit à l’Eucharistie, où cette même Parole atteint son efficacité maximale, car elle est présence réelle de celui qui est la Parole vivante » (157).

 

+ Mgr Jean-Pierre DELVILLE, évêque de Liège.

 

L’exhortation « Gaudete et exsultate » du pape François :

Cinq clés d’interprétation par Mgr Delville

 

Publiée le 19 mars 2018, en la fête de saint Joseph, l’exhortation apostolique « Gaudete et exsultate » du pape François est centrée « sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel ». Le but général de ce document est d’inviter chaque chrétien à un cheminement personnel sur la voie de la sainteté ; c’est donc une invitation adressée à tous. Pour préciser le cheminement de la pensée du pape, notre évêque Mgr Jean-Pierre DELVILLE propose de voir dans chacun des 5 chapitres une question sous-jacente concernant la sainteté, et il les formule de la façon suivante : la sainteté, pour qui ? (ch. 1), pourquoi ? (ch. 2), c’est quoi ? (ch. 3), comment ? (ch. 4), et quand ? (ch. 5).

 

Parcourons ce questionnement et voyons les réponses que propose le pape. Je choisis pour cela les phrases qui me paraissent les plus emblématiques.

 

1. Le chapitre 1, intitulé « L’appel à la sainteté » répond à la question « pour qui ? » et le pape formule sa thèse : « ce que je voudrais rappeler par la présente Exhortation, c’est surtout l’appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous » (10). « Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même »  (11). Le pape met cela en lumière en présentant différents exemples de saints, des hommes et des femmes (12), des gens de différentes époques, depuis les martyrs de l’Église primitive jusqu’aux martyrs d’aujourd’hui, et spécialement ceux de toutes les confessions chrétiennes (9). C’est une sainteté qui se vit aussi en peuple et en communauté (6,7). Dans ce chapitre, le pape s’adresse au lecteur en « tu » : c’est exceptionnel dans un document pontifical. C’est une manière de personnaliser le discours ; il est « pour toi aussi » (14). Le pape rappelle à chacun son itinéraire de foi, depuis son baptême et le don de l’esprit Saint (15). Il épingle les gestes concrets de la sainteté ; par exemple, face à la tentation de parler mal de l’autre, savoir se dire : « Non, je ne dirai du mal de personne » (16). La sainteté, c’est un chemin de conversion. Comme l’écrivait le cardinal Van Thuân lorsqu’il était en prison : « Je saisis les o